L'anatomie du plaisir

Tout d’abord, considérons le plus grand organe du corps humain avec ses deux mètres carrés et ses cinq kilos : la peau. Il s’agit là du plus formidable récepteur de plaisir – et de douleur – que nous ayons; apprendre à s’en occuper est la base de la sensualité. La peau contient un nombre impressionnant de terminaisons nerveuses et est agréable à caresser, à lécher, à mordiller… sur toute sa surface. Alors soyez tactiles et touchez-vous partout, vous-même et votre partenaire !

Certaines zones sont particulièrement sensibles au toucher : véritables concentrations de capteurs sensoriels qu’on appelle communément zones érogènes. Ces zones érogènes procurent plus de plaisir au toucher que les autres zones du corps : vous gagnerez à les stimuler avec application. Faisons-donc un rapide survol de ces zones, d’abord celles partagées par les hommes et les femmes, puis celles spécifiques à chaque sexe. Puis nous parlerons des phénomènes physiologiques qui nous assaillent lorsque ces zones érogènes sont amoureusement stimulées : le plaisir et l’orgasme. Nous terminerons ce chapitre en discutant la relation qui existe entre le sentiment qu’on appelle désir et ces sensations de plaisir qui culminent à l’orgasme.

Zone érogènes partagées

Le visage

Le visage est souvent la première chose qu’on remarque chez l’autre. Il grave dans notre esprit cette première impression si importante. Il est pourtant une des dernières zones à être touchées et caressées comme il se doit. Seuls des parias de l’amour comme les pieds et la paume des mains le battent en solitude. Caresser doucement, tendrement le visage de Madame ou de Monsieur est l’une des plus belles choses que vous puissiez faire. Regardez votre partenaire dans les yeux, avec sincérité et envie. Votre regard combiné à vos caresses formera une source puissante d’excitation. Avec la pulpe de vos doigts, majeur et index, caressez doucement les tempes dans un mouvement circulaire et léger. Continuez sur l’ensemble de son visage, en particulier les lignes de la mâchoire et les joues. Tout au long, gardez l’intensité de votre regard. Revenez aux tempes : posez le revers de vos doigts sur celles-ci et descendez lentement en insistant sur les joues, jusqu’à ce que vos mains se rejoignent au niveau du menton. Posez un tendre baiser sur le front : effet garanti !

La bouche

Certaines lèvres semblent être des appels à l’amour : pensez à Marylin Monroe, Angelina Jolie, James Dean… D’autres évoquent de vieilles tantes aux verres sévères. Dans tous les cas, que vous les trouviez particulièrement sexy ou non, les lèvres sont des centres éminents de plaisir. Un baiser passionné, langoureux ou au contraire taquin et espiègle peut réveiller la momie la plus endormie qui soit. Maîtriser l’art du baiser, avec et sans la langue, c’est s’ouvrir une porte dans l’âme de son partenaire. Je n’exagère rien ! Prêt(e) à vous lancer dans un French kiss à couper le souffle, lèvres entremêlées, langues en symbiose ? Attendez un peu. Prenez votre temps et jouez avec sa lèvre inférieure, puis sa lèvre supérieure, recommencez. Effleurez, mordillez – doucement ! – et titillez. Prenez – légèrement – sa lèvre inférieure entre vos dents et passez votre langue sur et à l’intérieur des lèvres. Vous voilà prêt(e) pour ce French kiss d’anthologie !

Les oreilles

Le plus excitant ici, c’est que quand vous vous approcherez, votre partenaire ne saura pas si vous venez pour des caresses ou pour des mots doux – ou coquins – à l’oreille. Bien sûr, armé(e) de cette douce cruauté érotique, vous alternerez les deux. Passez vos lèvres et votre langue doucement sur son oreille en vous concentrant sur le lobe et les parties extérieures – n’oubliez pas, vous n’êtes pas un coton-tige…

Le cou

Cous élancés de girafes ou cous musclés de boxeurs, tous les cous méritent leur lot de caresses. Caresses avec les doigts, avec les lèvres, la langue, les dents… tous les coups sont permis, si je puis dire ! C’est presque cliché mais les baisers dans le cou sont réellement un must. Commencez à la base, quelque part entre ses seins et sa clavicule. Prodiguez avec adresse des baisers légers, des bisous presque, en remontant doucement. Remontée progressive, coups de langue, baisers plus appuyés, plus insistants jusqu’à atteindre les cheveux. Oserez-vous mordiller doucement, tout doucement ?

Les mains

Les mains ? Oui, pas loin de 40 000 terminaisons nerveuses n’attendent que vous pour être stimulées. Prenez la paume de la main de votre partenaire. Avec la pulpe de vos doigts, faites de petits cercles. Petit à petit, élargissez les cercles. Faites remonter sa main vers vos lèvres. Faites danser le plat de votre langue sur sa paume, comme vous le feriez ailleurs, plus bas… Et prenez ses doigts dans votre bouche, sucez- les en faisant tourner votre langue. En soutenant son regard, yeux dans les yeux, vous ferez fondre votre partenaire d’excitation et d’anticipation…

Les seins

Ne foncez pas sur les tétons ! Ne les sucez pas tout de suite comme un bébé glouton. Faites durer le plaisir, faites vous désirer… commencez plutôt par le dessous des seins. Utilisez votre langue, vos doigts et le bout de votre pénis – ou de vos seins – pour caresser et « énerver » votre partenaire. Ensuite, remontez vers la pointe des seins, sur les tétons et leurs auréoles. A ce stade, lui caresser simultanément le clitoris – ou le pénis – sera plus que bienvenu. En ce qui concerne la dureté des tétons, il ne faut pas non plus y voir une sorte de signal infaillible, les tétons peuvent devenir durs pour plusieurs raisons : excitation certes, mais aussi froid, brûlures, frottements trop appuyés, douleurs… Le mieux est donc de faire attention aux réactions de l’autre ou tout simplement de demander ce qui est préférable.

La colonne vertébrale

Peut-être que la colonne vertébrale vous rappelle plus votre kinésithérapeute qu’un face à face coquin mais la colonne vertébrale concentre le système nerveux de tout le corps; c’est donc un endroit stratégique ! Parcourez toute la colonne vertébrale avec vos doigts. Refaites le chemin avec vos lèvres et votre langue, légers baisers du haut des fesses jusqu’à la base du cou, tout au long de la divine colonne. Maintenant, avec vos pouces, vous pouvez aussi lui procurer un délicieux massage en effectuant de légers mouvements circulaires de part et d’autre de la colonne vertébrale, toujours en remontant. Vous aussi essayer d’utiliser vos paumes pour descendre et remonter avec de longs mouvements continus… Munissez-vous d’un flacon d’huile de massage ou d’un peu d’huile végétale à laquelle vous ajouterez quelques gouttes de parfum.

Le ventre

Petite astuce : posez vos mains sur son bas-ventre, à partir du haut du pubis. Faîtes-les remonter et descendre simultanément, chacune dans une direction opposée. Sensations garanties !

Zones érogènes féminines

La sexualité féminine a longtemps été tenue en laisse et volontairement entourée d’un voile épais de mystères et de mensonges. Le clitoris, principal moteur du plaisir sexuel féminin, fût d’abord ignoré dans les traités d’anatomie puis combattu dans des discours pseudo-scientifiques. Pour Sigmund Freud, l’orgasme clitoridien était une manifestation d’immaturité chez la femme qui devait au plus vite faire la transition vers l’orgasme vaginal, seul digne d’une femme mature ayant véritablement quitté le monde de l’enfance. Certains proposaient, afin d’éviter la « nymphomanie » chez la femme, l’ablation pure et simple de cet organe unique en son genre dont la seule fonction est de donner du plaisir. Dans certaines cultures, l’excision est toujours assidûment pratiquée. Comme le disait Nicholas Klein :

First they ignore you. Then they ridicule you. And then they attack you and want to burn you.

Aujourd’hui, toutes les preuves scientifiques indiquent que le clitoris est l’organe principal du plaisir sexuel chez la femme. Si vous n’êtes toujours pas convaincu(e), gardez en tête avant de continuer que le plaisir sexuel est criminellement et définitivement compromis chez les femmes qui ont été excisées. Il est donc crucial pour l’homme comme pour la femme de reconnaître l’importance de cet organe merveilleux. Comme les dieux des temps anciens, qui n’accordaient la pluie qu’à ceux qui les priaient, le clitoris n’accorde d’orgasme qu’à ceux et celles qui le célèbrent comme il faut. On peut le dire : le clitoris, c’est le boss.

Contrairement à l’image couramment répandue, le clitoris n’est pas un petit bouton d’amour. La partie visible du clitoris n’est que l’arbre qui cache la forêt. En réalité, le clitoris a une taille totale comparable au pénis et s’étend de façon profonde et complexe dans les zones génitales :

Clitoris
Vue du clitoris

Partons-donc à la découverte de ce formidable réseau clitoridien !

De l’extérieur, ce que l’on voit du sexe de la femme n’est pas le vagin mais la vulve. La vulve comprend notamment les grandes lèvres (externes) et les petites lèvres (internes). Mais commençons par le commencement.

Mont de Vénus

Si vous continuez votre exploration amoureuse après les seins, le ventre et le nombril, vous arriverez sur une zone triangulaire recouverte de poils (sauf épilation). Il s’agit du mont de Vénus, composé de tissus adipeux et reposant sur l’os du pubis. Très agréable à caresser.

Grandes lèvres

Parfois appelées « lèvres extérieures », elles sont recouvertes de poils sur leur face externe et glabres sur leur face interne. Elles sont constituées de tissus érectiles qui se gorgent de sang pendant l’excitation et prennent donc du volume. Elles sont issues du même type de tissus que le scrotum chez l’homme… Plus sensibles sur leur face interne que sur leur face externe. Moins sensibles que les petites lèvres.

Petites lèvres

Entre les grandes lèvres se trouvent les petites lèvres. Il arrive très souvent que ces dernières dépassent des grandes lèvres causant par la même occasion un complexe – bien inutile – à certaines femmes. Ces petites lèvres entourent l’entrée du vagin, l’orifice urinaire et le gland du clitoris. La face interne des petites lèvres est extrêmement sensible au toucher. L’afflux de sang pendant l’excitation sexuelle leur fait prendre du volume.

Fourchette

Les petites lèvres se rejoignent par le bas, sous l’entrée du vagin, dans une zone qui répond au doux nom de « fossette du vestibule » mais qu’on peut appeler fourchette vulvaire. Les caresses dans cette zone pendant un cunnilingus sont particulièrement exquises.

Commissure ventrale

Sur le bas du mont de Vénus, les bords extérieurs des deux grandes lèvres se rejoignent pour former la commissure ventrale. La commissure ventrale marque le début de la partie visible du clitoris. En y faisant glisser le doigt, en descendant à partir d’elle, on peut sentir la tige du clitoris : une zone clé à stimuler.

Capuchon du clitoris

Les petites lèvres forment par le haut une sorte d’enveloppe qu’on appelle le capuchon du clitoris, qui en recouvre le gland. Ce capuchon a une position similaire à celle du prépuce chez l’homme. Le gland du clitoris étant extrêmement sensible, le capuchon a notamment pour rôle de le protéger contre une éventuelle stimulation excessive. Quand l’orgasme est imminent, le gland a tendance à se réfugier dans le capuchon. Le frottement du capuchon sur le gland du clitoris procure un plaisir très vif.

Frein du clitoris

Juste en dessous du gland, les petites lèvres s’unissent et constituent le frein du clitoris. Ce lien juste en dessous du gland du clitoris permet à ce que ce dernier soit indirectement stimulé par les mouvements des petites lèvres. Richement pourvu en terminaisons nerveuses, le frein du clitoris peut bien sûr être stimulé directement et procurer de belles vagues de plaisir.

Gland du clitoris

Le gland du clitoris est l’étincelle qui met le feu à la prairie. Avec près de huit mille terminaisons nerveuses (deux fois plus que sur le gland du pénis), le gland du clitoris représente la zone la plus densément innervée du corps humain… Le gland est une zone d’une sensibilité suprême qui ne doit être ni prise à la légère ni prise à la hussarde. Comme déjà souligné, lors de l’orgasme le gland se réfugie parfois dans son capuchon comme une tortue dans sa carapace. Douceur et communication sont ici plus nécessaires que jamais.

Tige du clitoris

En partant du gland, en dessous de la peau, la tige du clitoris est un cylindre de tissus érectiles très sensibles au toucher et qui s’étend sur à peu près deux centimètres. Cette tige s’évase en deux racines qui s’étendent à l’intérieur et vers le bas en suivant les petites lèvres. On peut toucher la tige du clitoris avec le doigt d’autant plus facilement que le clitoris est gonflé par l’excitation.

Une image valant parfois mille mots, voici une vue réelle de la vulve :

Vulve
Vulve et clitoris

Le vagin

Le terme vagin vient du latin vagina qui évoque l’idée d’une gaine ou d’un fourreau. Sur Wikipedia, on peut lire que :

Le vagin (du latin vagina, « fourreau ») est l’organe femelle de copulation, et le canal de la mise au monde chez les mammifères.

On peut avoir que le vagin se définit avant tout par sa fonction de reproduction contrairement au clitoris qui est un organe entièrement dédié au plaisir. Le vagin accueille le pénis lors de la pénétration sur une longueur de dix à douze centimètres en moyenne. Lorsque Madame est suffisamment excitée, le vagin se lubrifie et s’adapte à la forme du pénis. Cependant, alors que la plupart des hommes se préoccupent de la longueur de leur pénis, obsédés par l’idée d’aller « bien profond », seuls les premiers centimètres du vagin présentent une sensibilité importante. Ce qui n’est guère étonnant puisque ces premiers centimètres représentent la principale zone de connexion du vagin au reste du réseau clitoridien. L’épaisseur de la verge compte bien plus que sa longueur, dans la stimulation des parois vaginales.

Et le point G ?

Le docteur Ernst Gräfenberg, réputé pour avoir mis au point le stérilet en 1928 est aussi connu pour avoir décrit en 1950 le cas de patientes s’introduisant des aiguilles à chapeau dans l’urètre pour se procurer des orgasmes. Le bon docteur a donc conclu que l’urètre pourrait être une zone érogène occasionnelle chez certaines femmes mais n’en fit pas une généralité applicable à toutes les femmes et ne décréta pas avoir découvert une zone orgasmique distincte et propre au vagin. Cependant la mythologie prit corps à partir du début des années 1980, avec la publication de l’ouvrage The G Spot par un collectif dirigé par Alice Ladas. Le point G fût ainsi nommé d’après le docteur Gräfenberg et décrit comme une zone orgasmique spécifique chez la femme. Une cacophonie indescriptible règne autour de ce point G dont l’existence même en tant que zone anatomique spécifique est contestée. Pourtant, certaines vont même jusqu’à subir de la chirurgie pour étendre le point G : l’opération s’appelle Amplification du Point G ou de façon plus stylée : G-Shot.

L’hypothèse la plus probable est pourtant simple : plutôt que de point, on parlera plutôt de zone. Et cette zone du point G a toutes les chances de correspondre à une zone de liaison entre une région circonscrite de la partie antérieure du vagin – cinq centimètres à partir de l’entrée – et les ramifications internes du clitoris. Techniquement, cette zone s’appelle l’éponge urétrale.

La question qui se pose est la suivante : est-il utile de se lancer dans une exploration perpétuelle digne d’Indiana Jones pour trouver un point alors que le clitoris quant à lui est atteignable, sûr et bien plus puissant ? Je pense que non mais bien sûr, nous ne sommes pas obligés d’être d’accord ! Pour ma part, je parlerai plutôt de zone du point G dans la suite de cet ouvrage.

Zones érogènes masculines

Maintenant équipés des connaissances de base nécessaires pour survivre dans les chaudes régions de Vénus, nous pouvons atterrir sur les terres froides de Mars. Mais froides, le sont-elles vraiment ?

Vue d’ensemble

Comme au bon vieux temps des cours de biologie, utilisons un affreux schéma qui fait mal à la tête… On peut le voir, malgré son apparente simplicité (un simple tuyau !), l’appareil génital masculin a une partie interne non négligeable :

Appareil génital masculin
Appareil génital masculin

Heureusement, pour notre sujet, à savoir comment faire l’amour, il n’est pas nécessaire de tout connaître sur le bout des doigts…

Le gland du pénis

Quand on veut dire que quelqu’un est particulièrement stupide, on le traite de gland. N’est-ce pas là une fâcheuse association ? Je dois ajouter que dire d’un idiot qu’il est « une vraie bite » est tout aussi impoli envers l’organe d’amour de Monsieur. Cet organe est la partie la plus sensible de son corps. En effet le gland du pénis est analogue au gland du clitoris quoique visuellement plus important. Le gland est très richement innervé et est certainement la zone qui procure le plus de plaisir à l’homme pendant l’amour. Le plus souvent, le gland est séparé du reste du pénis par un sillon circulaire qui délimite ce que l’on appelle de façon quelque peu solennelle : la couronne. Tout le gland est très sensible au toucher, et bien plus au niveau de la couronne et du frein –ce dernier se trouvant en dessous du gland. Stimuler la fente au bout du gland est une caresse que certains apprécieront beaucoup.

Le prépuce

Le prépuce est une enveloppe de chair qui recouvre et protège le gland du pénis comme le capuchon protège le gland du clitoris. Le prépuce est une zone très érogène et beaucoup d’hommes se masturbent en faisant aller et venir le prépuce sur leur gland. Pour des motifs religieux ou culturels, nombreux sont les hommes qui sont circoncis et qui n’ont donc pas de prépuce. C’est par exemple une pratique très répandue aux Etats-Unis. La présence ou l’absence de prépuce, au-delà du fait que l’homme circoncis ne peut jouer avec celui-ci, n’influe pas autrement sur la sexualité. Pour l’amante, la principale différence sera en images.

La hampe du pénis

La hampe du pénis représente la tige du pénis à proprement parler et est souvent la source de toutes les angoisses chez les hommes : est-elle assez longue ? Assez grosse ? Assez droite ? La plupart du temps, pour la femme comme pour l’homme, les mensurations du pénis ne feront pas une grande différence dans le plaisir éprouvé en dehors de la dimension psychologique ou des cas extrêmes. Qu’entend-on par cas extrêmes ? Il peut s’agir d’un pénis très en dessous de la moyenne : on parle de micro-pénis lorsque le pénis en érection est en dessous des sept centimètres. Dans ces circonstances, tout n’est pas perdu puisqu’un petit pénis n’empêche en rien le fait d’être un amant habile capable de trouver le clitoris de sa partenaire les yeux fermés. L’autre cas extrême est celui où Monsieur a été servi à la louche par Dame Nature et dispose d’une massue de guerre à la place d’une épée d’amour. Cela peut causer des douleurs pour la femme en cas de lubrification insuffisante du vagin ou même décourager d’éventuelles amantes au moment clé. Ici aussi, la situation est loin d’être désespérée si l’on si prend avec douceur, tendresse… et beaucoup de lubrifiant.

La taille du pénis au repos et en érection varie en fonction des hommes, et un pénis apparemment modeste au repos peut en érection, se révéler plus fier que prévu.

Le scrotum

Aussi appelé les bourses, le scrotum est le « sac » de peau qui contient les deux testicules et est souvent la cible de jeux de mots faciles comme « les bourses pleines ». C’est une zone sensible que les hommes protègent farouchement. Une excursion dans cette zone avec les doigts ou la bouche requiert la plus grande délicatesse mais peut procurer un très grand plaisir. En fonction de l’état émotionnel de Monsieur ou même de la température de l’eau, le scrotum peut se contracter ou au contraire afficher le relâchement d’un playboy affalé sur la plage.

Voyons donc le tout en image :

Scrotum
Vue du scrotum

Plaisir et orgasme

Nous avons vu les différentes zones érogènes à la fois pour Monsieur et pour Madame. Ces zones, stimulées avec amour sont des sources infinies de plaisir partagé et il est préférable de les connaître avec précision. Cependant, il ne faut pas les confondre avec des manivelles à orgasmes, qu’il suffirait de manipuler vite et fort pour atteindre l’extase. Faire l’amour ne doit pas être un sprint vers un orgasme final et unique mais peut-être un long tango ponctué d’orgasmes multiples. Une des principales erreurs est de foncer directement sur les zones les plus stratégiques de l’autre (seins, vulve, vagin ou pénis) et de se mettre vigoureusement en action avec des mouvements fort basiques : frotter, pomper, sucer, pénétrer… en espérant procurer ou se procurer un orgasme. Le plus souvent, cela ne marche pas très bien. On pourrait même dire ceci : chercher à donner un orgasme, c’est souvent manquer le plaisir. Il vaut mieux trouver ce qui fait plaisir à l’autre ; l’orgasme suivra souvent.

On décrit l’orgasme comme une sensation de plaisir intense et brève, qui submerge tout le corps en partant des organes génitaux. Juste avant et pendant l’orgasme, on a la respiration qui s’accélère, le cœur qui bat plus fort et les muscles qui se tendent avec parfois des mouvements saccadés. Parfois aussi, on est très calme. Chez l’homme, l’orgasme s’accompagne d’un phénomène distinct qui est l’éjaculation du sperme en quantité et en aspect variables d’un homme à l’autre. Certains ont le sperme très blanc, pour d’autres le sperme sera plutôt jaunâtre. Certaines femmes sont réputées avoir aussi des éjaculations pendant l’orgasme. Ce phénomène de l’éjaculation féminine a fait couler beaucoup d’encre sur son existence ou sa non-existence mais en vérité cela ne change pas grand-chose.

En général, on atteint l’orgasme lorsque les vagues de plaisir successives sont suffisamment fortes pour déclencher cette foudre sensorielle. L’idéal serait ainsi de se concentrer sur les sensations qui apportent du plaisir et d’opérer une progression en crescendo, avec des sensations de plus en plus grisantes, en allant des zones les moins sensibles au plus sensibles. Etre au bord de l’orgasme, c’est avoir la sensation d’un plaisir immense qui arrive; à la fois inévitable et lointain : constamment imminent. L’orgasme est fait d’anticipation et non de hâte. Faire monter et faire redescendre… mais pas trop ! Enerver l’autre… telle est l’essence de l’art amoureux.

Désir et plaisir : rime parfaite

Jusqu’à présent, nous avons porté notre attention sur les aspects purement physiques de la relation sexuelle : c’est une perspective évidemment limitée. On le dit souvent, la plus grande zone érogène de l’être humain est le cerveau. Tout naît dans la tête : désir, excitation, plaisir, orgasme… tout est cérébral. Il arrive – rarement – à des femmes et à des hommes de jouir sans aucun contact physique. Le cerveau est donc la première des zones à stimuler lorsqu’on fait l’amour. Parfois, une simple pensée suffit à allumer la flamme sexuelle blottie en nous. La vue d’un chemisier, le son d’une voix sensuelle, une atmosphère douce et romantique ou un corps à corps endiablé sur une piste de dance, un parfum, un vêtement, un tissu, une matière… le cerveau recèle une quantité infinie de dynamite sexuelle : le challenge est de trouver la mèche qui l’allume.

Pour faire l’amour, que ce soit avec nous-mêmes – masturbation – ou avec l’autre, il nous faut d’abord désirer le faire c’est-à-dire avoir envie. Le plaisir sans désir est non seulement rare mais fade comme de l’eau après une bonne gorgée de Coca. Faire l’amour pour faire plaisir à l’autre alors que le désir n’y est pas est loin d’être fun. De même, sans désir, l’ennui s’installe en despote de votre vie sexuelle et la réduit à une série de formalités administratives barbantes. L’une des premières causes d’insatisfaction sexuelle au sein du couple est la routine extrême, qui ronge le désir comme un rat patient et vorace. Dans le prochain chapitre, nous aborderons la question du désir, de sa place dans une relation de couple ainsi que des moyens d’entretenir voire d’amplifier ce désir.