Comment faire une sodomie

SI l’on se réfère à la plupart des films porno, la sodomie et en particulier la sodomie, sont devenus des passages obligés pour toute partie de jambes en l’air qui se respecte. Rien n’est plus éloigné de la vérité et peu de couples déclarent aimer pratiquer la pénétration anale de façon régulière. Seulement une minorité de couples a déjà essayé la pénétration anale et il est important de savoir que ce n’est pas une pratique qui concerne 100% des couples gays. Il ne faut donc pas se sentir obligé(e) de pratiquer la sodomie parce-que « tout le monde le fait » ou pour éviter d’être rangé(e) dans la catégorie des gens coincés et vieux jeu.

Pourquoi la sodomie ?

On peut pratiquer la sodomie pour plusieurs raisons aussi valables les unes que les autres mais la première des raisons doit être un désir mutuel. Pourquoi pratiquer la sodomie ? Voici quelques autres raisons possibles :

  • Envie d’essayer quelque chose de nouveau, ressentir des sensations différentes.
  • L’imaginaire « sale », « pervers » ou « dangereux » associé au sexe anal est quelque chose d’excitant.
  • Se prémunir des risques de grossesse : dans ce cas, on peut se demander si utiliser un préservatif ne serait pas tout aussi efficace. De plus qu’il peut arriver que le sperme coule de l’anus au vagin… ce qu’on appelle en anglais splash conception.
  • Conserver l’hymen

De même qu’il ne faut pas se laisser emporter par une propagande « pro sexe anal », il ne faudrait pas non plus tomber dans la propagande inverse qui ferait du sexe anal une activité inspirée par Belzébuth lui-même et destinée à vous rendre incontinent(e). Voici une petite liste de préjugés associés à la pratique du sexe anal :

La sodomie n’est pas naturelle ou est immorale : de même que la fellation. Ce n’est pas parce qu’une activité sexuelle ne sert pas directement à la procréation qu’elle est immorale. Et en vérité, la nature n’a pas d’avis.

La sodomie est crade : il ne l’est pas si l’on prend ses précautions.

La sodomie est réservée au gays affirmés ou refoulés : tous les gays ne pratiquent pas la sodomie — en particulier la sodomie — et bien des hommes hétérosexuels adorent introduire du sexe anal dans leurs ébats amoureux.

Les femmes n’aiment pas la sodomie : si certaines s’y plient pour faire plaisir à leur homme, ce n’est pas le cas de toutes celles qui pratiquent la sodomie. Il faut toujours faire attention aux généralisations.

La sodomie est dangereuse pour la santé : détendez-vous ! Vous ne finirez pas en couche-culotte si vous vous comportez avec bon sens et prudence; bien au contraire il se pourrait que vous y gagniez un meilleur contrôle des muscles de la zone anale.

Anatomie de la zone anale

Contrairement au tissu vaginal, le tissu anal n’est pas souple; il faut donc utiliser beaucoup de lubrifiant. L’idée selon laquelle le sexe anal vous laisse avec un anus endommagé n’est pas fondée car dans la pratique, personne ne réalise de pénétration anale sans lubrification abondante. Les deux muscles qui régissent la zone anale sont appelés sphincters anaux. Ce sont des muscles très puissants et qui peuvent donc être renforcés. Cependant, ils n’ont pas été conçus à l’origine pour faire entrer des « objets » mais plutôt pour les faire sortir de l’anus. La clé pour du sexe anal réussi est donc de les entraîner à faire entrer des « objets ». Le premier sphincter sert à se retenir. Le second sphincter fonctionne en mode automatique et se ferme lorsqu’un quelconque objet tente d’entrer dans l’anus : c’est ce second sphincter qu’il faut entraîner.

L’anus consiste en l’ouverture proprement dite, entre les fesses. Juste à l’intérieur débute le canal anal sur quelques centimètres, qui s’élargit ensuite pour devenir le rectum. Lorsque les fèces transitent par le rectum, vous ressentez l’envie d’aller aux toilettes mais elles sont normalement stockées « plus haut » dans le gros intestin. Une des caractéristiques principales de l’ensemble canal anal - rectum est qu’il s’agit d’une zone avec de nombreuses courbes, contrairement au vagin qui est relativement rectiligne. La zone anale est soutenue par différents muscles en particulier les sphincters. Chez les hommes, on trouve aussi la prostate : une glande grosse comme une noix, accolée aux premiers centimètres du rectum. Elle peut procurer un vif plaisir lorsqu’elle est stimulée à travers le rectum.

Préparation

Pour avoir du sexe anal agréable et sans risque, il est important de se préparer correctement. La première des préparations est d’abord émotionnelle et psychologique. Il faut que les deux partenaires en aient l’envie et qu’aucun des deux ne sente la moindre contrainte. Certains hommes, se croyant malins, feignent de se « tromper de trou » : c’est un comportement plus que détestable. De même, certaines femmes tentent l’astuce du « doigt dans l’anus » sans prévenir leur homme : certains détestent absolument ! Il est important pour la femme comme pour l’homme, d’obtenir un assentiment vocal avant d’entreprendre quoique ce soit avec l’anus de l’autre. Toucher légèrement la zone et émettre un « je peux ? » est un minimum; en parler avant est encore mieux.

SI l’on prévoit qu’il y aura du sexe anal, une des meilleures choses qu’on puisse faire, très prosaïquement, est d’aller aux toilettes avant… Si vous avez envie d’aller aux toilettes et que vous ne pouvez pas ou que vous vous retenez, les matières fécales resteront dans le rectum. Si vous allez aux toilettes et prenez une douche avant, l’anus et le rectum devraient être clean. Il est quand même important de rester réaliste : des traces de matières fécales peuvent être présentes même dans le propre des culs. Pas besoin d’aimer, mais il faut néanmoins accepter qu’il y a des chances qu’on en rencontre : se nettoyer, sourire et avancer !

En matière d’hygiène, une douche juste avant avec un doigt à l’intérieur pour bien nettoyer devrait faire l’affaire. Si vous êtes très prévoyant(e) vous pouvez mettre des lingettes bébé à portée de main… Elles sont aussi utiles pour essuyer les excès de lubrifiant. Se couper les ongles est évidemment, absolument nécessaire pour du toucher anal. Certain(e)s aiment se raser ou s’épiler au niveau de l’anus… cela pourrait ne pas être une mauvaise idée de demander à un(e) pro de s’en charger ou à sa moitié pour pimenter un peu les choses.

Si vous avez des problèmes gastriques — mauvaise alimentation, stress, constipation, diarrhées, etc. — ou si vous êtes un peu parano, un lavement pourrait s’avérer utile. Un lavement consiste à insérer du liquide dans le rectum en le gardant le plus longtemps possible — pas plus de dix minutes — avant de l’expulser. Il s’agit de répéter l’opération jusqu’à ce que le liquide qui ressort soit totalement clair. Le plus simple est de le faire avec de l’eau tiède et une poire à lavement, tranquillement installé(e) dans vos toilettes. Vous pouvez ajouter un peu de sel pour conserver l’équilibre physiologique de votre corps en évitant à l’eau d’être absorbée par le colon. Tout autre ingrédient — savon, piment… — n’ajoute rien si ce n’est du risque inutile. Le lavement doit être fait, idéalement, deux ou trois heures avant l’acte sexuel afin de laisser le temps à vos tissus de récupérer et d’éviter d’éventuelles « expulsions » secondaires de liquide résiduel. Enfin, le lavement ne doit pas devenir une routine car ce n’est pas un acte anodin physiologiquement parlant; un espacement d’une ou deux semaines est un minimum nécessaire.

Dernier point mais pas des moindres : la salive ne suffira pas… Qui dit sexe anal dit lubrifiant à profusion : ici, il vaut mieux en faire trop que pas assez. Préférez les lubrifiants à base d’eau et à la texture épaisse. Sont à éviter :

  • Les lubrifiants à base d’huile : végétale ou non.
  • Les désensibilisants : s’il y a douleur vous devriez le savoir et arrêter tout de suite : la douleur est un signal du corps qui avertit que quelque chose cloche. De plus, s’il s’agit d’une sodomie la personne qui effectue la pénétration va s’activer indéfiniment à cause du manque de sensations : ce qui aggravera le problème.

En ce qui concerne l’application du lubrifiant, le principe est que l’on enduit l’objet pénétrant — pénis, doigt ou sex toy — de lubrifiant plutôt que d’insérer le lubrifiant directement dans l’anus. Ne pas hésiter à ré-enduire souvent.

Pénétration anale

Dans le sexe anal, il n’y a pas que la sodomie. Une des choses les plus plaisantes à expérimenter est le massage anal et le massage de la région autour du périnée. Un doigt bien lubrifié juste à l’entrée de l’anus peut être tout à fait exquis, pour l’homme comme pour la femme.

Si l’on n’a jamais fait l’expérience de la pénétration anale, la meilleure façon d’aborder cette pratique est de commencer soi-même en toute intimité, avec un ou plusieurs doigts. Il est crucial d’être à l’aise avec la pénétration digitale avant de passer à l’insertion de quelque chose de plus important.

Pour les femmes, coupler la pénétration anale avec la stimulation du clitoris est une bonne astuce. Le mieux serait de s’entraîner seul(e) dans la douche des semaines avant de commencer à le faire avec un(e) partenaire. Explorer l’anus avec le doigt plus loin et plus longtemps à chaque douche. Cependant, au début, plutôt que de chercher la profondeur, commencer plutôt par des mouvements circulaires, très lents et peu appuyés. On peut aussi commencer par la masturbation qu’on effectue habituellement, en débutant par les parties génitales « pour se chauffer », plutôt que d’attaquer l’anus directement. Tester les choses seul(e) dans sa douche est le meilleur moyen de se préparer, mais aussi de savoir si l’on veut vraiment se faire pénétrer ou pénétrer quelqu’un analement.

Après cette phase solitaire, la masturbation peut aussi être faite avec le ou la partenaire qui introduira progressivement un doigt bien lubrifié à chaque ébat, avant de passer un jour à une pénétration complète. La pénétration anale se fait dans les mêmes positions que lors d’une pénétration vaginale. L’astuce pour faciliter la pénétration est de pousser comme si l’on souhaitait faire sortir quelque chose : c’est contre-intuitif mais efficace. On peut aussi se familiariser avec l’utilisation des sex toys dans cette zone. Certains, comme les plugs anaux sont conçus spécialement pour le sexe anal, avec une base évasée pour éviter que l’objet se perde dans le rectum. Il est crucial que tout objet destiné à être inséré dans l’anus ait une base élargie : c’est pourquoi les carottes et autres concombres ne sont pas franchement indiqués. Eviter aussi tout objet coupant, pointu, carré, rugueux, surdimensionné ou qui ne serait pas parfaitement propre. Bien entendu, les jouets qui sont utilisés pour les jeux anaux ne doivent servir à AUCUN autre usage et être tenus toujours propres.

Anulingus

L’anulingus est l’équivalent anal du cunnilingus à la différence notable qu’il ne mène que très rarement à l’orgasme. C’est cependant une caresse qui peut être appréciée par certain(e)s. Evidemment, cela demande une propreté irréprochable dans cette zone et une douche préalable obligatoire. De plus, il est peu recommandé d’utiliser la langue pour autre chose ensuite… surtout pas un cunnilingus car les bactéries de la zone anale gagneraient le vagin.

Précautions

Lorsqu’on procède à une pénétration anale, il est très important de bouger avec une lenteur extrême : en entrant ET en ressortant. Il faut prendre tout son temps et éviter de faire comme dans les films porno où des sodomies semblent être entreprises après exactement zéro seconde de préparation : la vérité est que bien souvent, les acteurs et actrices se préparent minutieusement hors caméra avant la scène. Il est aussi préférable d’avoir tout le nécessaire à portée de main : capotes, lubrifiant, lingettes, sex toys etc.

On pourrait dire qu’il y a 5 clés du succès pour une pénétration anale réussie :

  • Relaxation : douche chaude, massages, respiration; être détendu(e) facilite grandement les choses.
  • Lubrifiant : on ne le répétera jamais assez, sexe anal veut dire sexe lubrifié.
  • Lenteur : procéder avec la lenteur d’un escargot. Ici, la réussite est inversement proportionnelle à la vitesse.
  • Confiance : se laisser pénétrer ainsi par quelqu’un d’autre est tout de même un acte d’abandon qui nécessite beaucoup de confiance. Il est alors plus que bienvenu que les partenaires communiquent abondamment et se mettent mutuellement en confiance. Le mieux d’ailleurs serait que chacun ait le droit de pénétrer l’autre… après tout, l’anus est le même pour les femmes et les hommes.
  • Prudence : il faut être capable de faire la différence entre les sensations « étranges » qu’on peut ressentir lors d’une pénétration anale qui sont en rapport avec la « nouveauté » de la sensation et les sensations réellement douloureuses qui sont le signal qu’il faut tout stopper immédiatement.

Avertissements :

Si un quelconque sex toy reste coincé dans l’anus : il vaut mieux aller directement à l’hôpital. Evidemment, cela ne devrait pas arriver si vous suivez les précautions évoquées plus haut concernant la base évasée que doivent avoir les sex toys. En revanche, si la capote se perd dans l’anus, pas de panique, elle sera évacuée lors des prochains passages aux toilettes.

Il ne faut JAMAIS passer de l’anus au vagin. Jamais. Comme cela a déjà été dit, les bactéries de la zone anale gagneraient le vagin et pourraient causer de sérieuses infections. C’est là une pratique qu’on peut voir dans certains films pornographiques où pénis et sex toys passent allègrement de l’anus au vagin : en deux mots, c’est MAL.

Stimulation de la prostate

La prostate est cette glande masculine de la taille d’une noix, qui recouvre une partie de l’urètre et est accolée au début du rectum. Certains parlent de cette zone comme du « point G masculin »… Allez savoir ce que cela veut dire ! Quoi qu’il en soit, la stimulation de la prostate à travers le rectum peut plaire à beaucoup et être source de grands délices voire d’orgasmes en fonction de la sensibilité de l’homme à ce niveau là.

Souvent, pour bien des hommes, le premier contact avec cette partie là de leur corps se déroule chez le médecin qui met un gant, un peu de lubrifiant et plonge un doigt pas très érotique dans le rectum. L’examen du toucher rectal se pratique couramment en particulier pour détecter d’éventuels cancers de la prostate. Ce n’est pas une situation très excitante et ce pourrait bien être le pendant masculin de l’examen gynécologique. Dans le contexte d’un rapport amoureux, ou en solo dans la douche, le toucher de la prostate devrait être beaucoup plus agréable voire carrément jouissif pour les plus sensibles au niveau de cette zone.

Nul besoin d’avoir de très longs doigts pour atteindre la prostate, elle est située entre cinq et sept centimètres à partir de l’entrée de l’anus, au niveau la courbure du rectum, du côté de l’abdomen. On devrait sentir une boule à cet endroit là, du moins un certain renflement. Elle peut être stimulée comme la zone du point G, en pliant et dépliant le doigt dans un mouvement bien ferme. Des sex toys courts et larges peuvent aussi être utilisés en particulier ceux qui sont légèrement courbés sur le bout. Souvent, la stimulation de cette zone se déroule sans érection, ce qui est parfaitement normal et ne devrait pas vous alarmer.

Le sexe anal n’est certainement pas fait pour tout le monde : testez prudemment et si ça ne vous enchante pas, passez à autre chose. La vie est trop courte pour vivre des fantasmes imposés.