Tout sur la pénétration

Lorsqu’on parle de sexe, la pénétration est le plus souvent l’activité à laquelle on pense automatiquement. C’est l’activité sexuelle la plus présente à la télévision et au cinéma. Vous entendrez parfois sortir de la bouche de certains hommes des « je l’ai baisée dans tous les sens » mais rarement des « je l’ai sucée dans tous les sens ». C’est aussi le plus souvent l’activité qui est donné comme objectif à tout le rapport sexuel. Le schéma classique est le suivant : préliminaires -> pénétration -> éjaculation.

Le problème est que la grande majorité des femmes n’atteignent pas l’orgasme par l’activité de pénétration en tant que telle : en effet, il est très difficile pour le pénis qui pénètre de stimuler efficacement le clitoris qui faut-il le rappeler, est le premier moteur du plaisir féminin. De plus le culte de la pénétration à tout prix met la pression à la fois sur les hommes – il faut être performant – et sur les femmes – t’as pas encore joui ? – qui sont parfois conduites à simuler l’orgasme.

Néanmoins la pénétration reste une activité importante ; déjà parce qu’elle est tout simplement incontournable pour la procréation. Le culte de la pénétration trouve ses origines dans ce fait basique. C’est une activité qui est bien sûr fort agréable pour les deux partenaires même si elle est plus à même d’amener l’homme à la jouissance que la femme. Bien entendu, certaines femmes arrivent à jouir par la pénétration, ce qui n’est guère étonnant vu le rôle de l’excitation, des fantasmes et des forces de l’émotion dans le déclenchement de l’orgasme qui comme on l’a dit, vient en définitive du cerveau.

De plus la pénétration est aussi l’expression d’une proximité et d’une intimité extrême entre les amants. Il y a une sensation d’union voire de fusion très forte amplifiée par la plus grande surface de contact entre les corps. Il ne s’agit donc pas de jeter l’anathème sur la pénétration — cela serait absurde — mais de voir en elle une activité comme une autre avec ses avantages et ses inconvénients par rapport aux autres pratiques. Dans les lignes qui suivent, seront exposées quelques principes et techniques pour aider à la fois Madame et Monsieur à tirer le maximum de plaisir de leurs séances de bête-à-deux-dos. Le coït, quand il est bien fait, peut-être l’une des plus belles choses qui soient. Pour beaucoup de couples, il faut un certain temps pour trouver le bon rythme de croisière qui convient à tous les deux. Cela peut-être beaucoup moins bien au début que la masturbation. La patience peut aider et plus encore, la volonté d’apprendre de l’autre.

Le principe de la pénétration inter-fémorale

On parle de coït inter-crural, qu’on préférera ici appeler pénétration inter-fémorale, lorsque l’homme enserre son pénis entre les cuisses de sa partenaire et procède à des mouvements de va-et-vient. En général, ces frottements n’apportent la jouissance qu’à l’homme seulement pendant que sa partenaire se contente de caresses et de baisers. Alors qu’y a-t-il de bien à cette façon de faire ? L’idée est de s’inspirer de cette technique pour mettre en œuvre des mouvements de pénétration qui vont aussi faciliter des frottements entre le corps de l’homme et le clitoris de sa partenaire. Par exemple, avec la femme couchée sur le dos, l’homme peut faire glisser son pénis le long de la vulve et créer des frottements entre son pénis et la région du clitoris. Selon la préférence des deux amants, l’homme peut ainsi alterner entre frottements et pénétration. C’est donc une technique qui favorise le plaisir mutuel lors de la pénétration.

Le principe des orgasmes alternés

Les orgasmes simultanés sont loin d’être courants et encore moins automatiques. Il vaut donc mieux se concentrer successivement sur le plaisir de chacun des amants. Et puisqu’en général l’éjaculation de l’homme signe physiologiquement la fin des ébats pour un bon moment voire pour toute la nuit, je suggère que la femme connaisse l’orgasme en premier. Ici, la galanterie est réellement utile ! Si l’homme jouit en premier, ce n’est néanmoins pas une raison pour qu’il se rendorme immédiatement et laisse Madame sur sa faim : certes son pénis est hors-jeu – période réfractaire oblige – mais ses doigts et sa langue ne connaissent pas de période réfractaire !

Positions pour le plaisir mutuel

Tout d’abord, il faut préciser que contrairement à ce qui se dit dans les magazines, il n’est pas nécessaire de connaitre des dizaines de positions ! Il n’y a en vérité que quelques positions de base qui se déclinent en multiples variantes pendant vos ébats. De façon générale, les positions où les amants se font face avec les pubis rapprochés favorisent le plus les frottements sur le clitoris lors de la pénétration. Cependant dans ces positions, il est plus difficile pour la femme de se masturber en même temps et de contrôler elle-même son plaisir. La position des jambes de la femme compte aussi beaucoup : tendues, repliées, écartées ou jointes… tout est à adapter en fonction des caractéristiques anatomiques de chacun des partenaires. Ainsi, la levrette s’avère parfois douloureuse pour les femmes qui ont un utérus rétro-versé — c’est à dire dont le fond est orienté en arrière par rapport au vagin. Cela concerne environ vingt à trente pour cent des femmes.

La femme sur l’homme

C’est connu : on dit que c’est la position qui favorise le plus l’orgasme de la femme pendant la pénétration. Mais pourquoi donc ? On dit souvent que c’est parce-que la femme peut ainsi contrôler la profondeur et le rythme de la pénétration. Certes. Mais comme le montrent la plupart des études, l’orgasme féminin n’est en général pas déclenché par la pénétration en elle-même. L’une des principales raisons qui font que cette position favorise le plaisir féminin est que la femme y a ainsi plus de possibilité de stimuler son clitoris en frottant son pubis au pubis de son partenaire. Cette position est aussi agréable pour l’homme qui n’a alors pas grand-chose à faire si ce n’est profiter du spectacle et caresser sa partenaire. Le mieux est que la femme se penche en avant pour initier des mouvements de frottements.

Attention : les cas - certes rares - de pénis fracturés ont plus de chances de se produire dans cette position. Alors il faut faire attention aux mouvements trop brusques qui risquent d’interrompre vos jeux et vous faire passer la nuit au bloc chirurgie des urgences de l’hôpital le plus proche.

L’homme sur la femme

Commençons donc par le classique missionnaire, la femme étendue sur le dos, jambes écartées et l’homme allongée sur elle, entre ses cuisses. Bien que le missionnaire présente des avantages certains notamment en termes de proximité – on peut s’embrasser et s’éteindre – il peut être nécessaire de le modifier un peu pour favoriser la stimulation de la région clitoridienne. Par exemple avec la technique présentée un peu plus haut. Une autre variante est d’avoir les jambes de la femme jointes et serrées entre celles de son partenaire. Bien enfoncé dans le sexe de sa partenaire, l’homme peut alors adopter des mouvements de frottements au lieu des traditionnels mouvements de va-et-vient. Frottements latéraux, verticaux ou encore circulaires. De plus cette position a le mérite de rendre le vagin « plus étroit ».

Sur le côté

Couchés sur le côté et se faisant face, les amants font l’expérience d’un mode de pénétration où les mouvements amples de va-et-vient sont relativement entravés. Cela favorise donc les mouvements plus lents ainsi que le rapprochement et les frottements pubis contre pubis. Une autre variante est la femme qui se couche sur le côté mais en tournant le dos à son homme. Cette position est très excitante en particulier pour l’homme qui est ainsi concentré sur les allées et venues de son pénis dans le vagin de sa partenaire : l’homme risque ici de jouir assez rapidement ! Pour compenser le manque de stimulation clitoridienne lors de cette variante, la femme peut tout simplement se masturber en parallèle.

L’homme derrière la femme

La femme se tient à quatre pattes et l’homme à genoux derrière : la fameuse levrette. La pénétration peut être très profonde dans cette position et l’excitation très forte, due notamment à l’imaginaire animal auquel elle renvoie. Dans cette position et ses variantes, la femme pourra aussi accompagner le mouvement de son partenaire en se stimulant manuellement.

Une variante en général très appréciée : la femme se couche sur le ventre et serre les jambes, son partenaire la pénètre en se plaçant sur elle ; elle se masturbe à son rythme.

Les amants debout

Les positions debout ont une charge érotique très forte et sont idéales lors de séances de sexe pressées ou furtives : avant le boulot ou derrière la porte du bureau…

Debout, les amants se font face. Dans cette position, l’homme et la femme se tiennent pubis contre pubis : en profiter pour utiliser des mouvements de frottements au lieu des seuls va-et-vient. Idée : regardez une séance de zouk love et imitez les mouvements de hanches la prochaine fois que vous retrouvez debout et face à face ! Il peut aussi être hautement excitant de garder tout ou partie de ses vêtements…

Enchaînements

Pour apporter de la variété aux ébats, on change souvent de position. Enchaîner gracieusement et érotiquement ces différentes positions est tout un art en soi. Le principe est de ne jamais rompre l’union entre les deux sexes pendant qu’on change de posture. Pour cela, il suffit d’enchaîner avec des positions qui « se suivent ». Ainsi on peut :

  • Commencer en missionnaire.
  • Passer gracieusement à la position classique de la femme sur l’homme, qui lui s’allonge sur le dos. En passant peut-être par la position du lotus — assis face à face, jambes entrelacées.
  • Poursuivre avec la « reverse cowgirl » où la femme toujours sur l’homme, tourne tout simplement le dos à son partenaire tout en restant emmanchée à lui.
  • Continuer en levrette.
  • Passer à la position de l’homme dessus, avec la femme allongée sur le ventre.
  • Terminer par la position de la cuillère où la femme donne le dos à son partenaire, tous les deux étant couchés sur le côté.

Les possibilités sont infinies et ne dépendent que de votre créativité !

Techniques de pénétration

Astuce : il vaut mieux que la femme participe activement à l’insertion du pénis dans le vagin, en particulier les premières fois.

Pour beaucoup de femmes, le premier « coup » est souvent le plus important de tous et quelque chose qu’elles anticipent avec délice. Demander à sa partenaire ce qu’elle préfère : un coup rapide et profond ? Lentement et doucement ? En jouant d’abord avec le gland entre les lèvres et à l’entrée du vagin ?

Certains proposent le rythme suivant comme le rythme idéal : alterner neuf pénétrations légères pour une pénétration profonde et inverser le ratio au fur et à mesure des ébats. Bien sûr, Madame ne sera peut être pas de cet avis et se demandera pourquoi tant d’hésitation ?

Afin d’éviter de devenir un marteau-piqueur tout droit sorti d’un film porno, une des meilleures manières de voir le rythme préféré de Madame est d’observer ses mouvements lorsqu’elle prend la position au-dessus : fait-elle des va-et-vient ? Quel est son rythme ? Se frotte-t-elle le clitoris contre le pubis de Monsieur ? Aime-t-elle se caresser pendant ?

Ne pas se focaliser sur l’orgasme mais sur les sensations et les mouvements qui font mutuellement plaisir. C’est d’ailleurs la meilleure façon d’arriver à l’orgasme.

L’intérieur du vagin répond plus à la pression qu’au toucher léger : tâter le terrain avec le gland et tester plusieurs angles. Essayer aussi des mouvements circulaires en appuyant bien sur les parois du vagin. Garder à l’esprit que les premiers centimètres du vagin sont les plus sensibles, c’est pourquoi l’épaisseur du pénis importe en général plus que sa longueur, toutes choses égales par ailleurs.

Tester la méthode du squeeze : alternativement, l’homme et la femme contractent leur sexe; pas de mouvement de va-et-vient, juste des contractions en se regardant les yeux dans les yeux. Reposant et diablement excitant ! C’est un bon moyen de faire une pause et de faire encore monter le désir.

Ne pas hésiter à stimuler le clitoris en même temps : peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! Que se soit la femme ou l’homme qui s’y colle, les doigts ou le vibromasseur : peu importe.

Il peut être très agréable de s’endormir encore emboîtés l’un dans l’autre. Cependant en cas d’utilisation d’un préservatif, celui-ci doit impérativement être retiré au risque de rester dans le vagin et de s’y perdre. Ce serait alors parti pour une séance d’exploration corporelle très profonde ou une excursion à l’hôpital.

Bruit vaginaux : ils sont dus à l’air qui peut pénétrer dans le vagin. Ce n’est pas bien grave : il faut en rire ou changer de position.

Essayer des morsures légères à l’épaule : attention, tentative à hauts risques ! Demander l’avis de l’autre avant de sortir les crocs.

Bien entendu, ne pas hésiter à utiliser beaucoup de lubrifiant quand Madame n’est pas assez mouillée : cela peut être dû à une multitude de choses; manque d’excitation — dans ce cas est-on sûr de vouloir continuer ? — ou effets de la pilule, des médicaments, de la grossesse, de la ménopause, de l’alcool etc.

Enfin, ne pas se concentrer sur les parties génitales : embrasser, étreindre, murmurer…

Se laisser faire

Parfois on n’a pas spécialement envie mais on se laisse faire pour « soulager » l’autre. Ce n’est pas bien grave à partir du moment où l’on ne se sent pas contraint(e) ou obligé(e) de le faire. On doit pouvoir dire « non » et c’est alors à l’autre de comprendre, d’aller se masturber ou dormir.